Ce sont les feuilles bruissantes par terre
Qui disent ce retour des mêmes sentiments.
Se superposant à ceux de l' année dernière
C' est flou et par instant il semble que l' on ment.
NATURE
En traversant la vie sans s' attacher à rien
D' autre qu' au fruit méprisé du grand nombre,
On creuse dans ses nuits un vide qui devient
Lourd à porter, vide qui vous encombre !
Jusqu' au jour où le remplissent brusquement
Les orages, les silences des éléments.
Alors légers de bagages humains
Nous pouvons savourer les origines,
Amalgamer aujourd' hui à demain :
Richesse de l' instant qui s' imagine .
Edith Boissonnas, Paysage Cruel, collection Métamorphoses, Gallimard éditeur, 1946 .
