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samedi 1 septembre 2012

C'est le petit matin ( même l'après-midi.)







" Si on peint quelque chose en noir ou en blanc, cela lui donne une toute autre dimension. Le blanc et le noir m'ont conduite à des formes différentes : les tonalités, les poids sont différents. Pour travailler dans ces couleurs, il faut un certain état d'esprit et cela suffit car en fait, c'est exactement ce qui doit se passer dans le domaine de l'art visuel. Les formes doivent parler, les couleurs aussi. Parlons de la sculpture blanche, Dawn's Wedding Feast : c'est le petit matin, vous vous levez alors que l'aube pointe à peine. Lorsque vous avez dormi, que la ville elle aussi a dormi, vous avez une vision psychique de l'éveil, une vision céleste, presque entre le rêve et l'éveil. Le blanc invite à une activité plus intense, parce que le monde autour de vous est un peu endormi et que vous avez une sensibilité plus aiguë de ce que le jour va vous apporter.
Je trouve que la couleur blanche permet à quelque chose d'entrer, je ne sais pas s'il s'agit d'une certaine disposition d'esprit... probablement d'un peu plus de lumière, exactement telle qu'on la voit dans l'univers. Je trouvais que le blanc était plus une couleur de fête, que les formes étaient un peu plus parlantes ainsi. Pour moi, je ne sais trop pourquoi, le noir contient la silhouette, l'univers dans son essence mais il me semble que le blanc, lui, englobe, a toujours englobé, le noir lui-même, que c'est une couleur qui exprime plus de liberté, et non un état d'esprit. Le blanc se meut un petit peu dans le cosmos."


Louise Nevelson Arbres et Crépuscules, conversation avec Diana Mac Kown Des femmes .

Photo Versus 2012.

26 commentaires:

  1. oui même en photo le noir et le blanc se rejoignent comme une structure fragile mais insistante... la couleur dissipe le regard et écorche les formes et pourtant j'essaye de retrouver dans la couleur ces lignes simples du matin détachées de l'explosion des heures et parfois la photo ne veut rien savoir Que faire?

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    1. Palper du regard le gris du temps?
      Bon dimanche laurence!

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  2. C'est très personnel, une question de sensibilité, le blanc (hygiénique, maladif, salle blanche des laboratoires etc..), le noir,lui au moins se décline, il a des nuances qui, de la mort, va à la vie.Je n'aime pas le blanc,si neutre dans son affirmation. Le jour ne surgit-il pas de l'obscurité ?

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    1. Et le blanc sur fond blanc de K. Malevitch?

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  3. @Laurence changer vos réglages en zappant la fonction "automatique"
    Pour l'intemporel du N&B c'est là sa force un retour à l'origine.

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    1. Et l'excès de couleur, le soleil en face, c'est le blanc de l'aveuglement..

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    2. Isaac l'avait décomposé ce blanc,Pink Floyd également.

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  4. en aquarelle le blanc est le blanc du papier, la lumière; le noir est la superposition de toutes les couleurs ! dans l'atmosphère le mélange des couleurs
    de l'arc en ciel donne la lumière ! la nuit tout s'estompe sous les étoiles et devient noir ! les couleurs sont la vie le jour et la nuit et c'est beau !
    "different sides" de L.C. je l'ai mis pour toi !!!
    je vous souhaite une belle semaine
    PS : please on n'est pas des robots ! c'est trop mal écrit
    je me plante chaque fois !!!!

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    1. Et le blanc brillant de l'étoile qui a mis des milliards d'années à nous parvenir!

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  5. Vedo il bianco come un colore che azzera tutto, anche più del nero. E' un colore che fa piazza pulita della materia.
    Ciao, carissimo!

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    1. J'aime bien votre" piazza pulita della materia", giacy.nta!

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  6. du blanc pour réveiller et du noir pour calmer...:)

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    1. L'encre sur le papier, l'écriture comme un baume?..

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  7. Dans les années 80 un album d'Arnold Lobel "Le magicien des couleurs" est paru à "L'Ecole des Loisirs". Une très belle histoire. c'était...
    "Il y a longtemps... les couleurs n'existaient pas. Presque tout était gris et ce qui n'était pas gris était noir..."
    Un magicien pensait :
    "Il me semble que quelque chose manque à ce monde..."

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    1. Oui, beau commencement du monde, Christiane!
      La couleur est ce par quoi l'image arrive.
      Elle embraye l'imaginaire. Envers du tracé, du contour, du trait, du dessin, du fini, du défini,de l'analysé, du maîtrisé, du géométrique, du hiérarchisé, du convenu et du convenant, elle suscite, elle engendre, elle déclenche.
      C'est une intensité bien réglée- comment parler de la couleur?

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  8. LIEU BLANC

    Dressé trois fois le geste de trois doigts
    (les deux autres plies
    lames timides)

    par les trois femmes nues
    blêmes bleutées
    d'un lait de lune

    semblables esseulées
    qu'un dur espace exile

    Autour la ville n'est que pierre
    matrice mère de statues
    glacées au bord du sang
    et que la pierre aspire

    Tout dit le froid le jeu d'un dieu cruel
    Tout est tenu lié
    dépossédé du cri

    Le gel foudroie ce lieu de l'impossible amour

    (Paul Delvaux)

    Jean Joubert Cinquante toiles pour un espace blanc 1981.
    Anthologie Personnelle, Actes Sud 1997.

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  9. le blanc est d'un point de vue optique la synthèse chromatique de toutes les couleurs. Ce qui explique sans doute le sens qu'on lui accorde en Occident : celui de l'unité, de l'équilibre parfait. Depuis des générations, le blanc est lié au mariage, à la pureté, à la virginité et quelque part à la perfection et au divin. Il va avec tout et n'évoque aucune signification négative! Le" carré blanc sur fond blanc" de Malevitch m'a toujours "interrogé! provoc, tentative d'abstraction totale ...? Quoique la palette des blancs est immense!

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  10. Malevitch!
    Il y a aussi son Carré noir sur fond blanc..
    " Que l'art peut traiter le vide en positivité.Que le rien peut s'incarner, l'absence prendre corps.Et que ce n'est pas si étrange.C'est le moment de nourrir un peu l'idée que l'en-moins à voir de l'art n'est pas du négatif pur." Gérard Wajcman.

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  11. oui! on peut voir ça comme ça! quand je suis "tombée" sur lui, j'ai surtout eu la sensation d'un avant-gardiste rebelle!(attitude liée au contexte politique dans lequel il se trouvait)Mais c'est une sensation plus qu'une étude approfondie!

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    1. Un grand théoricien aussi de son art ce Malevitch!

      Théo van Doesburg en 1917 écrivait :
      " L'existence de la théorie est apparue comme une conséquence indispensables de l'activité créatrice.
      Les artistes n'écrivent passur leur art;leurs écrits constituent une extension de leur activité créatrice."
      Cela s'applique parfaitement à Malevitch.
      ( Voir Malevitch écrits, présentés par Andrei B. Nakov, éditions Champs libre 1975.)

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  12. Un texte qui éclaire aussi le travail du photographe... Merci.

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    1. ..Et qui donne l'occasion de décliner les occurrences du blanc :

      " Voici comment pourrait se présenter un tableau résumant les différentes fonctions et significations de la couleur blanche dans la culture occidentale, telles qu'elles
      sont évoquées dans les notices du présent dic­tionnaire :

      1) Couleur de la
      pureté, de la chasteté, de
      la virginité, de l'inno­
      cence :
      Vêtements ecclésiasti­
      ques blancs, couleur
      liturgique.

      Vêtements de bap­
      tême, robe de mariée
      (blanche seulement
      depuis le XIXe siècle). A
      Rome, robe blanche
      des « candidats » (can-
      didus).

      Blancheur de l'agneau,
      des vierges, des vesta­
      les, etc.

      2) Couleur de l'hygiè­
      ne, de la propreté, du
      froid, de ce qui est sté­
      rile :
      L'hygiène : les savons,
      les lessives sont blancs.
      Draps, sous-vêtements,
      tissus touchant le
      corps ont pendant des
      siècles été de couleur
      blanche.
      Couleur du froid, de la
      neige, du Nord.

      Bonbons à la menthe
      (forte).
      Réfrigérateur. Appa­
      reils ménagers qui con­
      servent ou qui lavent.
      Cuisines, salles de
      bains : priorité à la
      couleur blanche.

      3) Couleur de la sim­
      plicité, de la discrétion,
      de la paix :
      Hiérarchie des codes
      de couleurs : le blanc
      signale toujours le plus
      facile (cf. judo, ski).
      Ceinture blanche, piste
      blanche.
      Modestie de l'appa­
      rence : en blanc.
      Discrétion, neutralité.
      Drapeau blanc. Idée de
      paix (et de renonce­
      ment).

      4) Couleur de la sa­
      gesse et de la vieillesse :
      Cheveux blancs, per­
      sonnes âgées (le blanc
      réussit à être à la fois
      la couleur de l'enfance
      et celle de la vieillesse).
      Couleur des vieux
      sages, des savants fous,
      des druides, des magi­ciens.

      5) Couleur de l'aris­
      tocratie, de la monar­
      chie :
      Le blanc couleur du
      roi. Les partis royalis­
      tes. Le drapeau blanc
      dans la France du
      XIXe siècle.
      Élégance des vête­
      ments blancs. Chemise
      blanche.
      Cols blancs dans l'in­
      dustrie (par opposition
      aux « cols bleus »).

      6) Absence de cou­
      leur :
      Les fantômes, les
      apparitions. La mort.
      La peur, l'inquiétude.
      Le degré zéro de la
      couleur. L'opposition
      noir et blanc/couleur?

      7) Couleur du divin :
      Le blanc couleur des
      personnes divines, des
      anges.
      L'éternité, le paradis.
      Le bonheur ((« mar­
      quer d'une pierre
      blanche »).

      Michel Pastoureau, Dictionnaire des couleurs de notre temps Bonneton éditeur.

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  13. Et le blanc battu en neige?
    Même l'été, si c'est cuit, c'est du gâteau!

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  14. dire que pendant ce temps là "la persistance rétinienne" est le sujet des préoccupations de quelques un. Ils se fourrent le doigt dans l'œil.

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